Le Camp musical s’installe au Lac Priscault

Après une deuxième année au Lac-des-Baies au cours de laquelle 35 enfants participent au camp, le Camp déménage au Lac Priscault à Ste-Béatrix, en quête de plus d’espace et de commodités. Les lieux sont laissés vacants par le départ des Clercs de Saint-Viateur, qui ne peuvent plus y dispenser de cours (brevets d’enseignement) depuis que l’université ne consent plus à ce que la formation se donne en dehors du campus. La communauté accepte avec bienveillance de voir s’installer chez elle le Camp musical.

Depuis lors, le Camp ne cesse de prendre de l’expansion. Pour en arriver là, il en a fallu de la construction et des déménagements. Le site laissé par les Clercs de Saint-Viateur ne comprenait pas assez de bâtiments pour accueillir tous les campeurs et les professeurs. Pendant des années, on a dû construire ou transporter, à raison de trois ou quatre par été, une cinquantaine de petits studios de répétition dispersés dans le sous-bois, des chalets pour accueillir les professeurs et des dortoirs pour les jeunes. Plusieurs années de musique, mais également plusieurs années de travail manuel et d’appui bénévole.

En 1970, on avait déjà deux groupes de 60 élèves. Les professeurs sont Claudette Richard, Laure Fink et Françoise Bertrand pour le piano, Rolland Brunelle pour le violon, Hermel Bruneau pour le clavecin et Roland Langlois pour la guitare.

À l’été 1974, on a maintenant trois sessions au lieu de deux et on a atteint le nombre de 225 jeunes. On note, à ces sessions, la présence de professeurs d’envergure comme Franz-Paul Decker, Luis Grinhauz et Suzan Spier, ces derniers respectivement 1er et 2ème violons de l’OSM.

À partir de 1977, on ajoutera une 4ème session au Camp pour les petits ensembles et la musique de chambre. On y compte alors 350 campeurs, ce qui fera dire au père Lindsay, devant le club Kiwanis, que « la région de Lanaudière produit plus de musiciens que toute autre région du pays ». La suite des années ne fera que confirmer cette assertion.

Neuf ans plus tard, soit en 1986, le père Lindsay parlera avec ferveur du Camp musical que les muses ont ensorcelé… « 400 jeunes le fréquentent, on y retrouve 20 professeurs provenant de grandes écoles de musique à chacune des sessions, 12 moniteurs s’occupent des loisirs et tentent de créer l’environnement humain idéal.».

En 1993, une vaste cafétéria est construite et en 2001, deux autres constructions s’ajoutent : une nouvelle maison pour les professeurs (la Maison Jean-Cypihot) et un chalet pour le père Lindsay (le Chalet Imasco) pour remplacer sa roulotte devenue désuète.

À l’automne 2002, des projets majeurs de rénovation ont permis de remettre à neuf un des chalets pour campeurs (la Villa d’eau), de refaire le revêtement extérieur de la chapelle ainsi que de reconstruire le kiosque qui est situé sur le bord du lac. On aménage également un sentier pédestre d’environ 4 km qui nous permet de parcourir le domaine du Camp musical.

Depuis plusieurs années, le Camp musical Père Lindsay, avec ses quatre sessions intensives de deux semaines, permet annuellement à plus de 400 musiciens (les 2/3 seront généralement des filles) de compléter, par des approches originales et dans un décor de rêve, leur formation musicale avec de grands maîtres et de participer à des pratiques d’ensemble qu’ils n’auraient pas autrement la joie de connaître.